Limaces, escargots et limaçons

escargot            

                              Sympathique lorsqu’il a sa coquille, l’animal devient détestable dès qu’il la perd pour devenir limace et que le jardinier ne peut que constater les dégâts occasionnés. Mais comment l’éloigner tout en préservant la biodiversité?

                              Il a tant irrité de générations de jardiniers que de nombreux trucs et astuces ont été testés avec plus ou moins d’efficacité, et les idées les plus farfelues sont émises en permanence. Il est temps de faire le point pour savoir comment gérer efficacement ce qui peut devenir un vrai fléau du potager et de certaines plantes ornementales. Qu’est-ce qui marche, quelle est la solution la mieux adaptée à chaque cas! Existe-t-il une ou des recettes « miracle »?

                              Il faut avant tout apprendre à connaître leurs mœurs et mets de prédilection. Il faut déjà savoir que les gastéropodes se reproduisent facilement car ils peuvent devenir tour à tour mâle et femelle, donc peu de difficultés pour trouver un partenaire et s’accoupler, surtout s’ils sont nombreux. Leurs refuges sont les tas de branches, de pierre et autres matériaux qui les abritent de la chaleur et des prédateurs. Les limaces s’enterrent pour se cacher et trouver l’humidité qui leur est nécessaire. Les gastéropodes sont donc beaucoup plus présents et actifs lors des épisodes pluvieux et la nuit à la rosée. Leur activité est beaucoup plus marquée du printemps à l’automne. Une chance, leur vitesse de déplacement ne leur permet pas d’aller se nourrir à plus de 5 à 7 mètres de leur refuge, plus souvent 1.50 mètre.

                              Les débusquer et griffer la terre régulièrement permet de les exposer à leurs prédateurs naturels, oiseaux, lézards, couleuvres, batraciens, musaraignes et hérissons. En zone méditerranéenne on trouve un mollusque gastéropode prédateur de ses congénères: le bulime tronqué (Rumina decollata) qui malheureusement s’attaque également aux vers de terre si bénéfiques pour l’humification des sols.  La biodiversité est donc très importante au jardin pour limiter les invasions et réguler les populations. Le tout ou rien ne donnera jamais rien de satisfaisant.

                              L’activité des mollusques débute dès que la température dépasse 5°C, et est optimale entre 12 et 25°C par temps humide. Sur les cultures sensibles et jeunes semis, vous éviterez les paillages qui entretiennent l’humidité. Une cloche ou un manchon fabriqué à l’aide d’une bouteille plastique composera une barrière efficace autour des jeunes plants de salade.

                              On trouve maintenant très facilement des anti-limaces commerciaux non toxiques pour l’homme et les animaux à sang chaud, à base d’orthophosphate de fer, et utilisables en culture biologique (Ferramol®) 250/500 g/100 m². Il existe des nématodes auxiliaires: phasmarhabditis hermaphrodita, vous pouvez en acquérir dans certaines jardineries. Le produit doit être utilisé très rapidement après préparation, sur sol humide et la température du sol doit être supérieure à 12°C. Ne pas traiter en plein soleil. Vous pouvez également trouver des granulés répulsifs à base d’huiles essentielles d’ail et lavandin. Malgré tout il existe d’autres moyens plus économiques et plus proches du naturel.

                              Le ramassage sous des abris judicieusement disposés, planches ou tuiles, constitue le plus simple d’entre eux. Le mouvement d’agriculture biodynamique (MABD) préconise le ramassage et l’incinération à certaines dates précises,  à des fins d’épandages pour la régulation des limaces. A mon sentiment, pratique un peu compliquée que je n’ai jamais expérimentée.

                              Le piégeage avec de la bière est très efficace. Mettez un peu de bière dans un bocal que vous enterrez pour qu’il affleure le sol, couvrez d’une tuile creuse, ne terminez pas la bouteille car il faut renouveler régulièrement le breuvage. L’histoire ne dit pas si la bière sans alcool a autant d’attrait sur ces animaux…

                              Les barrières physiques font appel aux produits gênant la progression de ces animaux. La cendre de bois très efficace sous abri ou lors des périodes sèches estivales devient inefficace dès la première averse. Les coquilles d’œuf broyées sont plus efficaces, reste qu’il faut en avoir une grande quantité pour cerner une parcelle, en espérant ne pas enfermer des intrus. On peut malgré tout retenir ces deux procédés ayant fait leurs preuves pour protéger des semis de plantes sensibles, ou lors d’attaques ciblées sur quelques plantes en particulier (Hosta, pensées,…).

                              Certaines plantes ont une odeur qui tient les limaces à l’écart. C’est le cas de la fougère, de l’absinthe, de l’ail, du bégonia, de la capucine, du cassis, du cerfeuil, de la moutarde, de l’oignon, du persil, de la pomme de terre, du trèfle. L’association des cultures dans le jardin prend là toute son importance, et un choix judicieux permet souvent de se passer de toute intervention en cours de culture. Réfléchir votre jardin peut vous éviter les attaques de nombreux prédateurs.

                              Certains de ces végétaux peuvent être apportés de façon ponctuelle sur les semis, comme les feuilles de fougères, les feuilles de chêne, les aiguilles de pin. Les autres demanderont une préparation avant d’être utilisés en pulvérisation ou en arrosage.

Rheum, rhubarbe.

Macération de feuilles: hachez grossièrement 150 grammes de feuilles que vous mettez dans un litre d’eau de pluie ou de source, laissez macérer 12 à 36 heures maximum, utilisez pur en pulvérisation ou arrosage trois jours de suite. Cette préparation ne se conserve pas, elle est également insecticide pucerons et répulsif rongeurs. Les restes de feuilles peuvent être étalés au sol.

Euphorbia lathyris, euphorbe des jardins, purge, épurge, herbe à taupe. plante particulièrement toxique à manipuler avec des gants à cause de sa sève qui peut provoquer brûlures et cancers.


Macération de feuilles:hachez grossièrement 80 grammes de feuilles que vous mettez dans un litre d’eau de pluie ou de source, laissez macérer 12 à 36 heures maximum, utilisez pur en pulvérisation ou arrosage. Cette préparation ne se conserve pas. Elle est également réputée éloigner les rongeurs.

Begonia semperflorens, bégonia à massif.

Macération de feuilles et tiges: hachez grossièrement 200 grammes de feuilles et tiges que vous mettez dans un litre d’eau de pluie ou de source, laissez macérer 12 à 36 heures maximum, utilisez pur en arrosage ou trempage des jeunes plants avant repiquage. Cette préparation ne se conserve pas.

Hyssopus officinalis, hysope, herbe sacrée.

Macération de feuilles et tiges: hachez grossièrement 150 grammes de feuilles et tiges que vous mettez dans un litre d’eau de pluie ou de source, laissez macérer 12 à 36 heures maximum, utilisez pur en arrosage ou trempage des jeunes plants avant repiquage. Cette préparation ne se conserve pas.

Son huile essentielle est utilisée pour ses vertus astringentes, diurétiques, emménagogues, expectorantes et toniques. Contre-indiquée pour les femmes enceintes.

Ribes nigrum, cassis.

Macération de feuilles: hachez grossièrement 300 grammes de feuilles et tiges que vous mettez dans un litre d’eau de pluie ou de source, laissez macérer 12 à 36 heures maximum, utilisez pur en arrosage ou trempage des jeunes plants avant repiquage. Cette préparation ne se conserve pas.

Allium sativum, ail.

Décoction de bulbes: écrasez au presse-ail 100g de bulbes/litre d’eau. laissez macérer pendant 24 heures, puis couvrez et portez à ébullition à feu réduit pendant vingt minutes. Laissez refroidir à couvert puis pulvérisez pur ou arrosez le sol.

Cette préparation peut être utilisée pure en arrosage contre les larves de hanneton et les taupins. Pure en pulvérisation contre la fonte des semis, la piéride du chou, les acariens des framboisiers et les carpocapses des pommiers, poiriers, abricotiers.

Diluée à 10%, en pulvérisation contre les acariens, les pucerons et pourriture grise des fraisiers, le puceron jaune du framboisier, les pucerons sur groseillier.

Driopteris filix-mas et/ou Pteris aquilina, fougère mâle et/ou fougère aigle (aussi efficace l’une que l’autre).

Purin de fougère: Faites fermenter 8 à 15 jours en remuant régulièrement 100 grammes de feuilles fraîches ou 20 g de feuilles séchées dans un litre d’eau de pluie ou de source. Pulvérisez le sol trois jours de suite. Cette préparation permet également d’apporter aux culture du phosphore et du magnésium nécessaires à une belle floraison et une bonne fructification et prévient les attaques de taupin. Pulvérisée pure sur les végétaux, elle a une efficacité sur toutes les maladies cryptogamiques, les pucerons, les acariens.

Artemisia absinthium, absinthe. Proche parente utilisable en remplacement Artemisia vulgaris, armoise commune.

 Purin d’absinthe: Faites fermenter 8 à 15 jours en remuant régulièrement 100 grammes de feuilles et tiges fraîches grossièrement hachées ou 20 g de feuilles et tiges séchées dans un litre d’eau de pluie ou de source. Pulvérisé pur sur le sol et les plantes sensibles, il éloigne les mollusques. Ce purin pulvérisé pur est également un insecticide efficace contre les puces de terre, les acariens, la teigne du poireau, les pucerons, les fourmis, les chenilles et les altises. C’est aussi un insectifuge efficace contre les mouches. Dilué à 10%, il est insecticide contre les carpocapses et les piérides du chou.

 

Ruta graveolens, rue officinale.

Purin de rue officinale: Faites fermenter 8 à 15 jours en remuant régulièrement 80 grammes par litre d’eau de feuilles et tiges fraîches dans un litre d’eau de pluie ou de source. Pulvérisé après dilution à 20%, c’est un répulsif contre les limaces et escargots. C’est également un insecticide naturel contre les pucerons et la mouche de l’asperge.

                              Si aucune de ces solutions ne vous satisfait, il reste l’expérimentation, en espérant que vous nous ferez profiter des essais fructueux ou non que vous aurez faits. Dans certains cas la foi ne suffit pas… aide toi, le ciel t’aidera en te donnant des idées et le moyen de les réaliser… Pour moi, ce sera escargots crème de persil et oseille. Les poules dans le jardin s’occuperont des limaces.

escargots

                              Prenez toutes les précautions d’usage pour la manipulation et l’application de vos préparations: vêtements de travail, lunettes, gants, masque. Ne jetez pas les résidus de traitement dans la nature et à proximité des points d’eau naturels qu’ils peuvent polluer.

 


4 réponses sur “Limaces, escargots et limaçons”

  1. A propos des pommes de terre … il peut y avoir plus d une dizaine de petite limaces grises sur un seul pied, qu elles dévorent avec appetit.
    Donc non ce n est pas un bon répulsif.
    Par contre l escargot de Bourgogne lui mange les oeufs de limaces. Les larves de carabes aussi mais il faut un sol non travaille et couvert. La limace tigre , les salamandres sont aussi de bons prédateurs.

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