Les Phalaenopsis

Phalaenopsis                      Les Phalænopsis sont des plantes monopodiales. Leur taille varie beaucoup d’une espèce à l’autre, allant de quelques centimètres seulement pour les mini orchidées comme Phalaenopsis appendiculata, et jusqu’à près d’un mètre pour Phalaenopsis gigantea; il existe en outre de nombreux hybrides offrant un choix très vaste de plantes résistantes en appartement. Elles sont constituées d’une seule tige formée par l’empilement de feuilles alternes imbriquées l’une dans l’autre. Elles sont généralement dupliquées,  de forme oblongue, assez larges  et charnues. Les racines sont charnues, blanchâtres en partie aérienne mais bien vertes aux extrémités,  les pots transparents permettent de surveiller leur état sanitaire.  Toutes les espèces sont multiflores, produisant au minimum 3-4 fleurons par hampe florale, mais parfois plus d’une centaine pour Phalaenopsis schilleriana ou stuartiana, sur plusieurs branches et plusieurs hampes. Les hampes sont de taille variable, les espèces portant peu de fleurs ont généralement des tiges très courtes, avec des fleurs serrées.

                      Les Phalaenopsis sont des orchidées épiphytes présentes très majoritairement en Asie tropicale, depuis le Sud de la Chine et l’est du Tibet jusqu’en Papouasie-Nouvelle-Guinée, avec la plus forte densité en Indonésie et aux Philippines. Elles vivent pour la plupart dans les forêts tropicales humides de plaine et de moyenne montagne, bien que certaines espèces (sur une soixantaine au total) comme Phalaenopsis wilsonii subissent en hiver des températures parfois inférieures à zéro (à réserver aux vérandas et serres froides).

                      De ce mode de vie perché dans les arbres et suspendu aux troncs pour trouver la lumière, ainsi qu’en raison de la chaleur et de l’humidité assez fortes et régulières au fil des saisons dans les forêts équatoriales, découleront les conditions optimales de culture sous nos climats européens. Cette plante de climat humide s’est adaptée pour ne jamais avoir les pieds dans l’eau, ni d’eau stagnante sur le feuillage. C’est pourquoi la rosette de feuilles s’incline naturellement vers le sol.

                      A l’origine dans son milieu naturel, la plante a un port retombant et les hampes florales sont à peine dressées. Vous pouvez donc la cultiver en panier suspendu, elle s’inclinera vers le sol pour vous montrer ses charmes sans aucun besoin de tuteurage. La température de leur milieu d’origine variant très peu au fil des saisons, elle n’a pas vraiment de période de repos et peut fleurir à longueur d’année.

                      L’emplacement idéal de votre Phalaenopsis est devant une fenêtre exposée au sud; une situation moins ensoleillée peut lui suffir, mais jamais un recoin sombre. Votre plante doit le moins possible changer d’exposition, surtout si les fleurons ne sont pas encore épanouis. Vous pouvez éventuellement lui faire passer l’été au jardin avec un peu d’ombre au milieu de la journée (12h/17h), pour peu que vous la protégiez des attaques de mollusques. Attention aux pluies froides d’automne qui peuvent lui être néfaste.

                      Pour la majorité des hybrides la température minimale été comme hiver est de 18°C; il n’y a pas vraiment de maximum, c’est une plante tropicale.

                      Lorsque vous achetez une orchidée Phalaenopsis, elle est généralement installée dans un conteneur en plastique transparent, et le substrat de culture est variable: écorces pures ou panachage d’écorces avec soit de la sphaigne, soit des cubes de mousse synthétique ou autre matériau rétenteur d’eau. La nature plus ou moins absorbante de ce substrat conditionne directement la fréquence des arrosages et le risque de pourriture des racines.

                      La qualité de l’eau est très importante, si possible utilisez de l’eau de pluie, de source ou de puisage qui ne sera ni calcaire ni trop minéralisée. Si votre eau est très calcaire, vous pouvez l’adoucir en ajoutant une cuiller à café de vinaigre par litre.  On peut établir la moyenne suivante: un trempage de 5 minutes dans de l’eau à température ambiante additionnée d’un engrais adapté, tous les cinq à sept jours en été (en fonction de la chaleur) et tous les dix à douze jours en hiver. Si votre orchidée a soif, il peut arriver que la hampe florale présente des gouttelettes de sève. Le phénomène disparaît rapidement après arrosage. Une sécheresse sévère et persistante fera dépérir les boutons floraux.

                      Comme la plupart des plantes, les orchidées doivent être nourries lorsqu’elles sont en période de croissance active et les apports d’engrais doivent être réduits ou suspendus pendant les périodes de repos végétatif. Si le substrat devient blanc, c’est qu’il y a concentration d’engrais non absorbé, en conséquence il faut rincer dans une bassine d’eau claire à température ambiante pour diluer les produits et les éliminer. S’il y a un arrêt de floraison, généralement votre orchidée entre dans une période de repos. Après quelques semaines si une nouvelle feuille pousse, vous devez apporter un engrais type NPK 2-1-2 ou un engrais plante vertes à demi dose. Un mois plus tard vous pouvez reprendre les apports d‘engrais « orchidées » ou floraison type NPK 1-1.5-3 ou « géranium » à demi dose, puis un mois plus tard à dose normale.

                      Pour pouvoir fleurir, un Phalaenopsis doit avoir au moins six feuilles bien développées, un substrat en bon état et des conditions de culture appropriées. Alors que certains keikis arrivent à fleurir, les plantes sevrées ont besoin d’un gros volume de feuillage pour synthétiser les éléments nécessaires à la floraison. Pour certaines variétés la floraison peut durer plus de six mois sur la même hampe florale et se prolonger sans arrêt avec l’apparition de nouvelles hampes. D’autres variétés sont un peu plus avares en floraison malgré des soins soutenus. Si malgré tous vos bon soins votre orchidée refusait de fleurir, faites lui passer quelques jours à une température de 16°C pour stimuler sa croissance.

                      Lorsqu’une hampe florale a finit de fleurir, vous ne devez pas la couper tant qu’elle ne se dessèche pas. Généralement la pointe sèche, puis selon les conditions de culture, sur l’emplacement d’un bouton va se développer une nouvelle hampe florale ou un keiki. Vous pouvez ainsi avoir sur la même plante: des hampes florales âgées de plus d’un an portant plusieurs ramifications, des hampes plus jeunes ramifiées ou non, des keikis à peine développés et des keikis en fleur.

                      Le rempotage est effectué tous les deux à quatre ans selon l’état du substrat, et le développement des racines et de la plante. La période la plus favorable est le début du printemps. Il faut choisir un conteneur à peine plus grand pour que la plante soit bien stable dans son nouveau pot. N’importe quel pot peut convenir, pour peu qu’il laisse bien l’eau d’arrosage s’écouler, l’eau stagnante est la pire ennemie des orchidées. Après dépotage on élimine l’ancien substrat de culture, si nécessaire en s’aidant d’un cutter lorsque les racines sont accrochées aux écorces, mais en veillant à ne pas les blesser. On élimine les racines mortes. On dépose une couche du nouveau substrat au fond du conteneur, on installe la plante et on garnit entre les racines sans tasser. Il faut tapoter le pot sur une table pour faire descendre le substrat en place. Vous pouvez choisir un substrat prêt à l’emploi ou le confectionner vous même à partir d’écorces et de sphaigne, mais les produits commerciaux sont techniquement très bien étudiés. Pour ma part j’ai tenté l’association écorces/bois raméal fragmenté, mais je n’ai pas assez de recul pour juger du bien fondé de cette action. J’essaierai prochainement un rempotage dans du BRF frais sans écorces de pin. J’en parlerai ultérieurement en fonction des résultats enregistrés. Après rempotage attendez trois jours avant d’arroser pour que toute éventuelle blessure des racines ait le temps de se cautériser.

Résultat des essais: juillet 2014


Une plante rempotée en juin 2013, une plante rempotée en décembre 2013.

Rempotage dans du bois raméal fragmenté frais non composté.

Les deux plantes ont été sevrées d’engrais et ne reçoivent que les apports d’eau nécessaires. Très rapidement le feuillage est devenu plus foncé et progressivement plus important. Après quatre mois de culture on note un volume beaucoup plus important que celui des plantes qui n’ont pas bénéficié de BRF.

La floraison s’est initiée très rapidement après le rempotage, et  est pratiquement ininterrompue depuis lors.

Aucun remplacement ou apport de BRF ou d’engrais ne sera effectué tant que les plantes ne montreront pas de signe évident de faiblesse, mais je pense qu’on atteindra la limite des ressources facilement utilisables après 12 à 15 mois de culture.

A suivre…

Mars 2016

La première rempotée est la rose, à ce jour le substrat n’a pas été remplacé, mais j’ai repris les apports d’engrais liquide “géranium”.

                      Les maladies et parasites sont peu nombreux et peu actifs sur les Phalaenopsis, si ce n’est les petites limaces, loches et petits escargots qui peuvent se réfugier dans les écorces pour sortir de nuit grignoter les feuilles et les racines, et les cochenilles farineuses ou à bouclier. Les erreurs d’arrosage sont beaucoup plus à redouter car elles permettent le développement de maladies cryptogamiques et le pourrissement des racines.

Les keikis, multiplication végétative des Phalaenopsis.

keiki                      Les Phalaenopsis sont capables de se reproduire un peu à la manière des fraisiers qui émettent de nouveaux plants sur des stolons qui s’enracinent un peu plus loin. Ce mode de multiplication permet à une plante n’ayant pas des conditions idéales de survie d’essaimer pour perpétuer l’espèce.

                      Dès que la plante en ressent la nécessité, sur la hampe florale naît une ou plusieurs mini plantes qui vont se développer jusqu’à devenir en quelques mois capable de s’enraciner plus loin, fleurir et devenir autonomes même si elles restent attachées à la plante mère. Certaines variétés développent plus facilement des keikis que d’autres, mais ce n’est que dans des conditions de stress qu’ils se forment. On peut constater leur apparition si la plante mère est en état de manque de ressources lorsque le substrat est très décomposé ou inadapté. Elle peut également survenir à la suite d’un dérèglement des apports nutritifs, même temporaire. Elle peut faire suite à une blessure de la hampe florale.

                      Les keikis peuvent être séparés de la plante mère dès qu’ils ont trois feuilles bien développées (dix centimètres) et quatre à cinq racines assez grandes pour subvenir aux besoins de la plantule. Pour ce faire, il suffit de sectionner la hampe florale de part et d’autre de la plantule, de désinfecter la plaie de taille avec un cicatrisant du commerce ou simplement avec un peu de cannelle en poudre et de rempoter avec un mélange d’écorces fines et de sphaigne dans un gobelet transparent perforé de nombreux trous pour l’aération du substrat. Vous pouvez accélérer le développement racinaire en entourant la base du keiki d’une boule de sphaigne que vous maintiendrez humide.

                      Si vous rencontrez un problème dans la culture de vos orchidées sans trouver la solution dans cet article, n’hésitez pas à poser une question en commentaire ou sur la page contact.


4 réponses sur “Les Phalaenopsis”

  1. Bonjour,
    J’ai une orchidée phaleanopsis depuis des années a fleuri une fois et depuis fini.
    Elle a onze feuilles elles sont belles, je l’arrose toutes les deux semaines
    posée devant une porte fenêtre avec du soleil ms pas direct et ss courant d’air.ds la pièce il doit faire 20° sauf période caniculaire dehors ou la il doit faire 23°et hiver chauffage au sol ms tjr 20°
    dernièrement elle a fait des extensions de racines un peu jaunes qui ont poussé au bout des anciennes.
    Cela signifie quoi? C’est normal? Et que faire pour la faire refleurir?j’espère avoir donné assez de renseignements!

    1. Bonjour Laeti, il manque quelques renseignements malgré les détails importants que vous nous donnez: date du dernier rempotage, état et composition du substrat, fréquence des apports d’engrais, composition de l’engrais si vous en apportez. La soudaine croissance en longueur des racines laisse penser que cette plante manque de nourriture. Par ailleurs, dans leur milieu naturel ces plantes sont soumises à des variations de température beaucoup plus amples que celles que subit la vôtre, et c’est souvent ce qui déclenche la floraison. Je vous suggère donc de sortir votre phalaenopsis de la maison en la plaçant à l’ombre intégrale pour ne pas brûler le feuillage. Si ce n’est pas possible, placez le pendant la journée dans un local beaucoup plus chaud sans soleil direct, pour retrouver l’alternance de températures jour/nuit avec un écart d’au moins 5°C. Un apport d’engrais « géranium » à demi dose ou d’un engrais orchidées (NPK 1-1,5-3) est indispensable chaque quinzaine pendant la période de végétation qui dure presque toute l’année pour la plupart des variétés. Votre plante étant en période de croissance des racines, il n’est pas conseillé de faire un rempotage en ce moment, sauf extrême urgence. Vous pourrez à nouveau rentrer votre potée dès qu’une hampe florale commencera à pousser. Mes plantes sont placées toute l’année plein sud derrière un vitrage ensoleillé, leur feuillage s’endurcit pour résister aux quelques heures d’ensoleillement quotidien de l’été, et elles profitent ainsi d’une alternance marquée entre jour et nuit. Si vous souhaitez adapter la vôtre à ce régime, il faudra commencer tout doucement avec le soleil du matin pour ne pas brûler le feuillage.

  2. j’ai deux belles orchidées,Phalaenopsis qui sont bien fleuries. Elles sont dans un pot transparent puis dans un récipient en aluminium. Faut-il les retirer de ce récipient, car elles ne sont pas à la lumière.

    1. Les Phalaenopsis sont généralement cultivées dans des conteneurs transparents pour pouvoir surveiller l’état des racines, l’humidité du substrat et sa décomposition. C’est une aide précieuse pour les horticulteurs qui n’ont que peu de temps à consacrer à chaque pot. Pour l’amateur qui connaît chacune de ses plantes jusqu’au bout des racines, un pot quelconque peut être utilisé, à condition qu’il soit très drainant pour éviter la pourriture des racines. De très nombreuses orchidées ne peuvent même être cultivées que dans des paniers ajourés. Mais en aucun cas les orchidées n’ont besoin d’avoir les racines à la lumière, leur fonction première est de pénétrer sous les écorces pour ancrer la plante sur son support et en retirer l’humidité et les minéraux indispensables à son bon développement, comme toutes racines qui se respectent.

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